La Côte d’Ivoire entend accélérer le développement de la mobilité électrique en s’appuyant davantage sur le secteur privé. Réunis jeudi à Abidjan, pouvoirs publics, investisseurs, institutions financières et acteurs industriels ont esquissé les contours des réformes nécessaires pour faire émerger un écosystème capable d’accompagner le déploiement des véhicules électriques dans le pays.
Cette ambition était au cœur de l’Atelier de Dialogue Public-Privé sur la Mobilité Électrique Bas-Carbone, organisé au Plateau par le ministère des Transports et des Affaires maritimes, dans le cadre du projet FEM 11042.
À cette occasion, le coordonnateur principal du projet, Georges Bohoussou, a présenté le programme « Intégration de la mobilité électrique aux solutions d’énergies renouvelables », financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à hauteur d’environ 1,6 million de dollars, soit plus de 964 millions FCFA.
Déployé sur une période de quatre ans, ce projet concernera six zones pilotes : le Grand Abidjan, Bouaké, Korhogo, Odienné, San Pedro et Yamoussoukro. Il prévoit notamment de promouvoir l’utilisation de véhicules électriques à deux et trois roues auprès des coopératives et des entrepreneurs locaux, tout en favorisant l’installation d’infrastructures de recharge alimentées par des énergies renouvelables.
Représentant le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, le directeur de cabinet Dioman Coné a rappelé que l’électromobilité constitue un axe stratégique de la politique nationale de transition énergétique.
« La mobilité électrique constitue désormais un levier stratégique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, renforcer la souveraineté énergétique du pays et améliorer la compétitivité de l’économie nationale », a-t-il déclaré.
Il a également invité les investisseurs, les constructeurs automobiles, les fabricants de batteries ainsi que les institutions financières à saisir les opportunités offertes par la Côte d’Ivoire, mettant en avant la qualité du réseau électrique national et le potentiel du marché régional ouest-africain.
Les travaux ont permis d’identifier plusieurs défis à relever pour favoriser l’essor de cette filière. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité d’adapter le cadre réglementaire et fiscal, de développer les infrastructures de recharge, de renforcer les capacités du réseau électrique et de mettre en place des mécanismes de financement susceptibles de stimuler les investissements privés.
Parmi les principales recommandations figurent la révision du barème de la puissance fiscale applicable aux véhicules électriques, l’instauration d’incitations fiscales ciblées, la création de mécanismes de garantie pour faciliter l’accès au crédit ainsi que le développement de formations spécialisées afin d’accompagner l’émergence de nouveaux métiers liés à l’électromobilité.
En clôture de l’atelier, Georges Bohoussou s’est félicité de la mobilisation des différents acteurs, estimant que cette concertation marque une étape importante dans la structuration d’une filière nationale de la mobilité électrique. Il a annoncé qu’une feuille de route regroupant les actions prioritaires sera prochainement transmise aux parties prenantes afin d’assurer la mise en œuvre des recommandations formulées.
À travers cette démarche, le gouvernement ivoirien confirme sa volonté de faire de la mobilité électrique un pilier de sa transition énergétique, avec l’ambition de positionner la Côte d’Ivoire parmi les principaux marchés de l’électromobilité en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2040.
