Mardi gras 2026 : entre fête, culture et éveil des vocations dans les écoles primaires d’Abidjan et sa banlieue

Déguisements colorés, rires d’enfants et défilés animés ont rythmé la célébration du Mardi gras dans plusieurs écoles primaires publiques et privées d’Abidjan et de sa banlieue.

Bien au-delà d’un simple moment festif, les établissements scolaires ont transformé cette tradition en un véritable outil pédagogique, mêlant apprentissage, découverte culturelle et éveil des vocations. Héritée des carnavals européens et associée à la tradition chrétienne précédant le Carême, la fête du Mardi gras s’est progressivement adaptée au contexte ivoirien.

Dans de nombreuses écoles, elle est aujourd’hui revisitée pour transmettre des valeurs éducatives et sociales aux plus jeunes.

À Abobo, une fête entre cultures et découverte des métiers

À Abobo, la célébration a pris une dimension particulièrement immersive. Au groupe scolaire Les Pingouins, la cour s’est transformée en un véritable village africain. Les enfants, vêtus de costumes inspirés des pays organisateurs de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), ont défilé sous les regards émerveillés des parents.

Selon la directrice du préscolaire, Mme Diaby, l’objectif était d’ouvrir les élèves à la diversité culturelle africaine. Les tout-petits arboraient ainsi les couleurs de la Côte d’Ivoire, du Maroc ou encore de l’Afrique du Sud, dans des boubous, caftans et tenues traditionnelles soigneusement confectionnés par les familles.

Chaque passage devenait un moment de fierté, les enfants représentant symboliquement un pays le temps d’un défilé.

Non loin de là, au préscolaire Agnissankoi 1, le Mardi gras s’est transformé en leçon grandeur nature sur le monde professionnel. Les élèves, déguisés en agents de la Société de transports abidjanais (SOTRA), ont même effectué une visite au dépôt d’Abobo, découvrant autobus et métiers du transport public. Pour la directrice, Touré Atipumou, cette initiative visait à rapprocher les enfants des réalités professionnelles et à valoriser des métiers essentiels du quotidien.

La parade organisée sur le site a suscité émotion et fierté chez les agents, heureux de voir leur profession honorée.

À Abobodoumé, la marine pour inspirer les ambitions

Dans la commune d’Attécoubé, l’école Saint Vincent de Paul d’Abobodoumé a choisi un thème inspiré de la marine nationale.

Les élèves de la maternelle ont porté un uniforme commun évoquant les corps habillés, afin d’inculquer discipline, rigueur et sens des responsabilités.

« Porter une telle tenue peut susciter des vocations et donner des repères aux enfants », a expliqué l’enseignant Djoman Franck.

Pour les classes du primaire, les parents ont été associés au choix des déguisements, favorisant ainsi une célébration plus inclusive et valorisant l’expression individuelle des élèves.

À Cocody, un voyage dans les années 50
Au groupe scolaire Les Perles 1 et 2, à Cocody, la fête a pris un air rétro avec un thème consacré aux années 50.  Destinée aux apprenants du préscolaire, cette initiative visait à rapprocher les enfants de leur héritage culturel tout en créant un moment de partage entre générations.

« C’est une manière d’égayer les tout-petits et de leur montrer leur culture », a indiqué la directrice du préscolaire, Bouadi Cécilia, saluant l’implication active des parents dans la confection des costumes.

À Bonoua, la santé à l’honneur

Dans la localité de Yaou, à Bonoua, l’école primaire privée Dominique Savio des 8 Kilos a orienté sa célébration vers les métiers de la santé.

Déguisés en infirmiers et infirmières, les élèves ont pris part à une parade encadrée par leurs enseignants également vêtus de tenues médicales. Selon l’instituteur N’Goran Martin, ce choix vise à éveiller chez les enfants le goût de l’effort et à leur faire comprendre que l’école constitue la voie privilégiée pour accéder aux professions auxquelles ils aspirent.

Une fête devenue outil éducatif

D’Abobo à Cocody, en passant par Abobodoumé et Bonoua, le Mardi gras apparaît désormais comme bien plus qu’un carnaval scolaire. Entre valorisation des cultures, découverte des métiers et apprentissage des valeurs sociales, cette célébration devient un moment d’éducation vivante.

Pour les enfants, elle reste une journée de joie et de souvenirs marquants. Pour les éducateurs et les parents, elle démontre surtout que l’école peut transmettre autrement : par le jeu, l’expérience et l’émotion, autant que par les livres.

Via AIP

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