L’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ont conclu un accord définitif sur le statut de Gibraltar, mettant fin à l’un des derniers dossiers en suspens du Brexit et ouvrant une nouvelle phase de coopération entre le territoire britannique et l’Espagne.
Entré en application provisoire le 15 juillet 2026, dans l’attente de sa ratification par le Parlement européen et les autorités britanniques, l’accord prévoit notamment la suppression de la frontière physique entre Gibraltar et la ville espagnole de La Línea de la Concepción, empruntée chaque jour par près de 15 000 travailleurs frontaliers.
Signé en présence du commissaire européen chargé des relations interinstitutionnelles, Maroš Šefčovič, du ministre britannique Stephen Doughty, du chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares et du ministre principal de Gibraltar, Fabian Picardo, le texte est présenté comme le dernier grand accord découlant du Brexit.
Si la clôture frontalière disparaît, les contrôles migratoires et de sécurité seront désormais effectués au port et à l’aéroport de Gibraltar. Les autorités gibraltariennes continueront d’assurer leurs contrôles nationaux, tandis que des agents espagnols procéderont aux vérifications liées à l’entrée dans l’espace Schengen. Les voyageurs pourront ensuite circuler librement entre Gibraltar, l’Espagne et les autres pays de l’espace Schengen.
Au-delà de la libre circulation, l’accord instaure un nouveau cadre de coopération économique destiné à faciliter les échanges commerciaux, renforcer la coopération douanière et stimuler les investissements et le tourisme. Il ouvre également la voie à l’établissement de liaisons aériennes directes entre Gibraltar et plusieurs destinations de l’Union européenne.
Le texte prévoit par ailleurs un rapprochement progressif du régime fiscal de Gibraltar avec celui de l’UE. Le territoire britannique instaurera une taxe indirecte comparable à la TVA, avec un taux initial de 15 %, avant un alignement progressif au cours des trois prochaines années. Des dispositions relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, à la protection de l’environnement, aux aides publiques et à l’échange d’informations administratives figurent également dans l’accord.
Les nouvelles mesures devraient aussi faciliter le quotidien des milliers de travailleurs frontaliers grâce à une meilleure coordination en matière de sécurité sociale, de couverture médicale, de prestations sociales et de retraites.
Toutefois, l’accord ne règle pas le différend historique sur la souveraineté de Gibraltar. L’Espagne continue de revendiquer le territoire, tandis que le Royaume-Uni réaffirme que cette question n’a pas fait l’objet des négociations. Les autorités de Gibraltar maintiennent, de leur côté, qu’aucune décision concernant le territoire ne pourra être prise sans leur consentement.
Le Brexit est le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique. Négocié à partir du référendum britannique du 23 juin 2016 par lequel 51,89% des électeurs se prononcent en faveur de ce processus, il a pris effet le 31 janvier 2020.
