L’ONU plaide pour la défense du multilatéralisme en 2026

Face à un contexte international marqué par la multiplication des conflits, l’érosion du droit et la défiance envers les institutions multilatérales, la présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont lancé le mercredi 14 janvier 2026 à New York, un appel solennel à la défense et à la réforme du multilatéralisme.

« Le multilatéralisme n’est pas seulement sous pression, il est attaqué », a affirmé Mme Baerbock, dénonçant la désagrégation progressive de l’organisation et le retrait historique, en décembre, d’un texte annuel sur la coordination de l’aide humanitaire.

Elle a souligné que les blocages politiques, notamment au Conseil de sécurité, freinent l’action collective face aux crises en Gaza, Afghanistan, Soudan ou Ukraine, tout en rappelant que « le monde ne se porterait pas mieux sans les Nations unies ».

Pour préserver la capacité d’action de l’Assemblée, la présidente préconise un changement de paradigme, à savoir recourir à des décisions à majorité claire lorsque le consensus à 193 États devient hors de portée. Elle a également mis en avant l’initiative ONU80, visant à moderniser l’organisation, rationaliser ses structures et simplifier ses processus, tout en alertant sur la nécessité pour les États de s’acquitter intégralement de leurs contributions.

De son côté, António Guterres a rappelé que le multilatéralisme demeure indispensable dans un monde traversé par « des conflits déchaînés, des inégalités croissantes et des dettes écrasantes ». Il a appelé à une réforme profonde du système financier international et au respect des objectifs de développement durable, à quatre ans de l’échéance 2030.

Le secrétaire général a insisté sur l’urgence climatique, évoquant un dépassement temporaire de 1,5 °C et la nécessité de réduire immédiatement les émissions, d’accélérer la sortie des énergies fossiles et de financer massivement l’adaptation.

Pour les deux responsables, l’ONU reste irremplaçable, mais sa survie exige un choix historique des États membres : laisser le système multilatéral s’éroder ou le défendre collectivement.

Votre Page

A voir également sur Kessiya

PUBLICITÉ
Quitter la version mobile