Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme en République démocratique du Congo (RDC), pointant une hausse importante de la masse salariale dans l’administration publique qui menace la stabilité des finances nationales. Dans son dernier rapport, l’institution financière met en garde contre un déséquilibre croissant entre les dépenses de personnel et les recettes de l’État, ce qui pourrait compromettre la capacité du pays à financer ses autres priorités économiques et sociales.
Selon le FMI, la progression rapide des salaires et des effectifs dans l’administration constitue un poids budgétaire significatif, réduisant l’espace fiscal disponible pour des investissements essentiels dans les infrastructures, la santé, l’éducation et les services publics de base. Cette dynamique pèse sur les ressources de l’État et limite sa marge de manœuvre face aux défis économiques actuels.
La croissance de la masse salariale s’explique par plusieurs facteurs, dont l’augmentation des recrutements dans le secteur public, les revalorisations de traitements, ainsi que certaines pratiques de nomination qui n’auraient pas toujours été accompagnées d’une évaluation rigoureuse des besoins réels en personnel. Pour le FMI, cette situation est d’autant plus préoccupante que les recettes fiscales restent insuffisantes pour absorber l’augmentation des dépenses courantes.
Face à ce constat, l’institution exhorte les autorités congolaises à renforcer la discipline budgétaire, à revoir les mécanismes de gestion de la masse salariale et à mettre en place des réformes structurelles visant à améliorer l’efficacité de l’administration publique. Le FMI appelle également à une meilleure collecte des recettes, notamment en élargissant l’assiette fiscale et en réduisant l’économie informelle, afin de soutenir un financement durable des dépenses publiques.
Les responsables gouvernementaux en RDC reconnaissent les défis posés par la hausse des dépenses de personnel, mais soulignent que certaines augmentations étaient nécessaires pour répondre à des besoins urgents de service public et pour soutenir la croissance de l’emploi. Ils assurent toutefois leur volonté de travailler de concert avec le FMI et d’autres partenaires internationaux pour trouver des solutions équilibrées.
