La Côte d’Ivoire invitée à protéger sa souveraineté face à des pertes records de 21 milliards FCFA

La quatrième session nationale de réflexion stratégique de l’Institut d’études stratégiques et de défense (IESD) s’est ouverte lundi 13 avril 2026 à Assinie, sur le thème « Intelligence économique : quels enjeux pour la sécurité et le développement de la Côte d’Ivoire », avec un appel invitant la Côte d’Ivoire à protéger sa souveraineté face à des pertes records de 21 milliards FCFA..

Représentant le vice-premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a alerté sur les menaces silencieuses mais dévastatrices qui pèsent sur l’économie nationale, appelant à faire de l’intelligence économique un pilier de la souveraineté.

« Le monde a profondément changé. La compétition entre nations ne se joue plus uniquement sur les champs de bataille traditionnels, mais dans les flux financiers, les réseaux numériques, les chaînes de valeur et la maîtrise de l’information », a déclaré M. Bamba.

Il a illustré son propos par des chiffres édifiants. En 2024, plus de 27 millions de tentatives de cyberattaques ont été recensées en Côte d’Ivoire, soit près de 467 000 fichiers malveillants détectés chaque jour. Les pertes financières directes liées à ces attaques se sont élevées à 6,9 milliards de francs CFA l’année dernière, après 9,2 milliards en 2023, et cumulent plus de 21 milliards sur la période 2021-2023.

Le ministre a également cité des campagnes de désinformation ciblant les filières stratégiques du cacao et de l’anacarde, des cyberattaques contre les institutions financières et des tentatives de manipulation des marchés.

« Ce sont des actes de guerre économique, discrets, insidieux, aux effets potentiellement dévastateurs », a-t-il insisté, relevant que le PIB ivoirien a atteint un record historique de 111 milliards de dollars, un niveau de richesse qui suscite des convoitises.

Au nom du vice-Premier ministre, Abou Bamba a formulé quatre messages clés, notamment la sécurité n’est pas un coût mais le fondement de la prospérité, le développement attire des convoitises qu’il faut anticiper, la Côte d’Ivoire doit se doter des meilleurs outils d’intelligence économique et financière et le pays est engagé sur une trajectoire ascendante vers une grande Côte d’Ivoire à l’horizon 2030.

« S’en protéger n’est plus une option stratégique, c’est une obligation nationale », a-t-il martelé, avant de déclarer les travaux officiellement ouverts.

Le colonel-major Koffi Franck Hervé, président du comité d’organisation, a présenté un dispositif articulé autour de trois séquences, notamment neuf conférences plénières d’experts (cybersécurité, flux illicites, gouvernance comparée…), deux comités de travail en groupes restreints pour formuler des recommandations opérationnelles, et une séance de restitution pour valider une feuille de route stratégique.

Soixante participants, issus de l’administration, des forces de défense, des entreprises stratégiques et du monde académique, ont été sélectionnés pour ces quatre jours de réflexion à Assinie.

« Il ne peut y avoir de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement », a rappelé le colonel Koffi, citant Kofi Annan, avant de remercier les partenaires et de rendre un hommage appuyé au directeur de cabinet du ministère de la Défense pour son mentorat. Les travaux, qui se déroulent du 14 au 17 avril, doivent aboutir à un document de recommandations destiné à nourrir la décision politique au plus haut niveau de l’État.

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