Guinée : Conakry refuse pour l’instant l’Eco et maintient le franc guinéen

Colonel Mamadi Doumbouya, président de la république de Guinée

La Guinée a officiellement annoncé qu’elle ne rejoindra pas, à ce stade, le projet de monnaie unique de la CEDEAO. La décision a été rendue publique le 30 juillet 2026 par la présidence guinéenne, puis confirmée par le porte-parole du gouvernement, Faya François Bourouno, lors d’une conférence de presse à Conakry.

Le président Mamadi Doumbouya considère le franc guinéen comme un instrument essentiel de la souveraineté économique du pays. Selon le gouvernement, conserver sa propre monnaie permet à la Guinée de continuer à définir librement sa politique monétaire et de prendre ses décisions économiques sans dépendre d’un cadre monétaire régional.

Cette position surprend d’autant plus que Mamadi Doumbouya fait partie de la Task-Force présidentielle mise en place lors du 69e sommet de la CEDEAO, tenu le 19 juillet 2026 en Sierra Leone, pour accélérer la mise en œuvre de l’Eco. Conakry affirme toutefois qu’il ne s’agit pas d’un rejet définitif du projet communautaire, mais d’un refus d’y adhérer « dans les conditions actuelles ».

Plusieurs économistes estiment que cette décision repose sur des considérations pragmatiques. La Guinée réalise une part relativement limitée de ses échanges commerciaux avec les autres pays ouest-africains, tandis que l’essentiel de ses exportations, notamment les ressources minières, est destiné aux marchés asiatiques, en particulier la Chine.

La CEDEAO a pourtant confirmé son objectif de lancer progressivement l’Eco à partir de 2027, en commençant par les États respectant les critères de convergence macroéconomique. Le projet vise à renforcer l’intégration économique régionale, faciliter les échanges et réduire les coûts liés aux transactions entre les pays membres.

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