France : Quatorze personnes jugées après la mort de 31 migrants dans la Manche

Quatorze personnes comparaissent mardi 8 septembre 2026 devant la justice française dans le cadre du naufrage d’une embarcation qui avait coûté la vie à 31 migrants, dont un enfant de sept ans, le 24 novembre 2021 au large de Calais, dans le Nord de la France.

Ce drame, considéré comme le plus meurtrier enregistré dans la Manche, s’était produit alors que les passagers tentaient de rejoindre le Royaume-Uni à bord d’un canot pneumatique.

Selon les éléments de l’enquête, l’embarcation avait commencé à se dégonfler et à prendre l’eau après plusieurs heures de navigation. Les passagers étaient progressivement tombés à la mer malgré plusieurs appels de détresse adressés aux services de secours français et britanniques.

Un bateau de pêche français avait finalement donné l’alerte après avoir découvert plusieurs corps dans les eaux de la Manche, à proximité des eaux britanniques. Vingt-sept corps ont été retrouvés. Les victimes étaient principalement des Kurdes irakiens, mais aussi des ressortissants afghans, éthiopiens et égyptiens, âgés de sept à 46 ans. Quatre personnes demeurent portées disparues.

Les 14 prévenus sont poursuivis notamment pour homicide involontaire et aide à l’immigration clandestine en bande organisée. Deux d’entre eux, faisant l’objet de mandats d’arrêt, sont jugés par contumace.

Le parquet leur reproche d’avoir contribué à l’organisation de la traversée avec une embarcation jugée dangereuse, surchargée et dépourvue d’équipements de sauvetage adaptés. Les investigations ont également permis aux enquêteurs d’identifier deux réseaux de passeurs, l’un afghan et l’autre irakien.

Les accusés rejettent toutefois les faits qui leur sont reprochés. Certains affirment ne pas avoir participé aux activités de passeurs, tandis que d’autres soutiennent avoir été eux-mêmes des migrants cherchant à traverser la Manche.

Le procès, qui doit durer trois semaines, réunit 114 parties civiles, parmi lesquelles des familles de victimes et des proches venus notamment du Kurdistan irakien.

Parallèlement à cette procédure, une enquête porte depuis 2023 sur sept militaires français, dont cinq membres d’un centre de coordination des secours maritimes et deux marins d’un navire de patrouille. Ils sont soupçonnés de non-assistance à personne en danger.

Une enquête britannique publiée en février estime que certains décès auraient pu être évités grâce à une intervention plus rapide des autorités françaises et britanniques. Près de douze heures se seraient écoulées entre les premiers appels de détresse et la localisation de l’embarcation par le bateau de pêche.

Pour les représentants des familles, ce procès doit permettre d’établir les responsabilités dans cette tragédie et de rappeler que les migrants concernés étaient avant tout des personnes cherchant à améliorer leurs conditions de vie.

Chaque année, des milliers de migrants tentent encore de traverser la Manche depuis la France pour gagner le Royaume-Uni.

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