L’assemblée nationale désapprouve les deux motions de censure déposées par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) après le premier 49.3 de Sébastien Lecornu sur le budget vendredi 23 janvier 2026. Elles font suite au recours à l’article 49.3 de la Constitution par le premier ministre, mardi, sur le volet recettes du projet de loi de finances.
La première motion signée par La France insoumise, les communistes et les écologistes a été votée par 269 députés. Quant à celle déposée par le Rassemblement national et l’Union des droites pour la République d’Eric Ciotti a obtenu 142 voix.
Or pour qu’une motion de censure soit considérée comme adoptée, il faut recueillir la majorité absolue des députés, soit 288 voix actuellement (deux sièges sur 577 sont actuellement vacants). Les deux motions de censure ayant échoué en raison notamment de l’absence de vote par les députés socialistes et des Républicains, la première partie du budget est donc adoptée par l’Assemblée nationale.
Le président de la commission des finances, Eric Coquerel (La France insoumise) a estimé que « tout dans ce budget est une escroquerie », selon lui le bilan d’Emmanuel Macron qui a permis aux « ultra-riches » de « légalement s’enrichir », a-t-il déclaré.
Sébastien Lecornu, quant à lui dénonce « l’obstruction » de certains groupes parlementaires. Pour lui le gouvernement a fait un choix, assumé, transparent, celui de faire confiance aux débats parlementaires. « Ce n’était pas une tactique, c’était une conviction », a répondu à la fin des discours des groupes parlementaires Sébastien Lecornu, rappelant l’adoption à l’automne du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sans avoir recours au 49.3.
Le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, mais “qu’en absolu et dernier ressort” pour “protéger” et “préserver les institutions”, a encore affirmé Sébastien Lecornu.
Rompant la promesse qu’il avait faite le 3 octobre de ne pas faire usage de cet article décrié de la Constitution, il avait engagé mardi la responsabilité de son gouvernement pour faire passer cette première partie du texte sans vote.
