Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères s’est dit « prêt à contribuer pleinement à la manifestation de la vérité » après la révélation, par la cellule investigation de Radio France, de la présence d’un diplomate français dans les documents publiés aux États-Unis dans l’affaire Jeffrey Epstein.
Selon ces révélations publiées par Radio France, mercredi 11 février 2026, Fabrice Aidan, secrétaire des Affaires étrangères détaché à plusieurs reprises auprès des Nations unies, apparaît à près de 200 reprises dans les quelque trois millions de fichiers rendus publics par le département américain de la Justice. Entre 2010 et 2017, il aurait échangé de nombreux courriels avec le financier américain, condamné pour crimes sexuels.
Aucune des correspondances publiées ne relierait directement le diplomate aux crimes d’Epstein. Toutefois, selon plusieurs médias, il aurait été visé en 2013 par une enquête du FBI pour soupçons de consultation de sites pédopornographiques, avant de quitter les États-Unis. Une source gouvernementale française a confirmé l’existence de cette enquête.
Les documents évoquent également des échanges d’informations liées à l’ONU et à des dossiers diplomatiques, ainsi que des relations suivies avec Terje Rod-Larsen, diplomate norvégien proche d’Epstein. Des flux financiers entre ce dernier et Rod-Larsen sont également mentionnés, Fabrice Aidan ayant servi d’intermédiaire dans certains échanges.
Contacté par Radio France, le Quai d’Orsay a indiqué avoir pris connaissance d’« informations susceptibles d’engager la responsabilité pénale d’un fonctionnaire français » et n’exclut pas de saisir la justice. Quelques heures plus tard, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a saisi le procureur de la République.
De son côté, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a précisé que Fabrice Aidan avait été employé par l’organisation jusqu’à sa démission en avril 2013, alors qu’une procédure disciplinaire interne était en cours. Celle-ci aurait été suspendue après son départ.
Actuellement en disponibilité du Quai d’Orsay, Fabrice Aidan occupait un poste de direction au sein du groupe Engie, qui a annoncé sa suspension. L’intéressé n’a pas répondu aux sollicitations des journalistes.
L’affaire intervient dans un contexte de nouvelles révélations autour du réseau Epstein, relançant les interrogations sur d’éventuelles complicités ou manquements au sein d’institutions internationales.
