Des sapeurs-pompiers français en grève nationale depuis le 8 septembre 2026 ont installé, dimanche 27 septembre dans la soirée, un campement au pied de la tour Eiffel, à Paris, pour attirer l’attention du gouvernement sur leurs conditions de travail et le manque de moyens, après un été marqué par plusieurs incendies majeurs.
Venus de différentes régions de France, les grévistes entendent ainsi donner une visibilité maximale à leurs revendications, alors qu’ils doivent également participer à la mobilisation prévue mardi 29 septembre dans le secteur public.
Les syndicats dénoncent notamment l’insuffisance des effectifs et des moyens matériels, qu’ils jugent aggravée par la multiplication des interventions liées aux épisodes de chaleur et aux incendies au cours de l’été 2026.
Ils réclament également une meilleure prise en charge des problèmes de santé liés à leur activité, davantage de sécurité grâce à des équipements adaptés et une meilleure protection contre les risques toxiques et climatiques.
Les sapeurs-pompiers contestent, par ailleurs, le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, qu’ils estiment inadapté aux nouveaux défis auxquels leur profession est confrontée.
Pompier dans le Rhône et délégué du syndicat Sud, l’adjudant Nicolas Lomet déplore l’absence de réponse suffisante des autorités au problème du manque d’effectifs, qu’il présente comme ancien et aggravé en 2026 par les conséquences du changement climatique.
« Les incendies se sont multipliés, mais pas les financements », déplore-t-il, estimant que les sapeurs-pompiers sont confrontés à une insuffisance généralisée de moyens.
« Concrètement, on manque de tout. On manque de pompiers, on manque de camions. En plus, on nous demande de tout révolutionner au niveau pompier alors que tout est tellement vieux. Là, ils veulent nous rajouter des choses qui vont coûter une blinde au bout d’un moment. Non, le financement, il est plus bon », alerte-t-il.
La situation des sapeurs-pompiers volontaires constitue également une préoccupation. Ils représentent environ 80 % des effectifs et exercent parallèlement une autre activité professionnelle.
« Ils sortent trois ou quatre fois dans la nuit, le lendemain, ils retournent au boulot. Ils se reposent quand ces gens ? », s’interroge Nicolas Lomet, qui préconise un renforcement des effectifs de sapeurs-pompiers professionnels dans les zones enregistrant un nombre élevé d’interventions.
Le syndicaliste estime que ces professionnels pourraient notamment être recrutés parmi les volontaires, mais souligne que cette évolution nécessite des financements supplémentaires.
Le mouvement de grève fait l’objet d’un préavis courant jusqu’au 20 octobre 2026, date prévue pour l’examen du projet de loi de finances. Malgré la mobilisation, la continuité des secours d’urgence demeure assurée, les sapeurs-pompiers pouvant être réquisitionnés en cas de nécessité.
