Côte d’Ivoire : trois jeunes Burkinabè poursuivis pour orpaillage illégal à Boundiali

Trois jeunes ressortissants burkinabè ont comparu le vendredi 16 octobre 2026 devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF), dans une affaire d’orpaillage illégal à Siempurgo, dans le département de Boundiali. Selon le compte rendu d’audience du journaliste Fernand Dédeh, les prévenus sont poursuivis pour exploitation sans titre minier, pollution de l’environnement et blanchiment de capitaux.

À la barre, les prévenus ont reconnu avoir utilisé du mercure pour extraire l’or. Leur parcours met en lumière le rôle de recruteurs et d’employeurs qui font venir des travailleurs sur des sites clandestins, où ils sont rémunérés en fonction de leur production. L’un des prévenus affirme n’avoir gagné que 300 000 FCFA en quatre années de travail.

Les travailleurs expliquent avoir été recrutés par des personnes présentées comme des « boss », chargées de les installer sur les sites et d’organiser leur activité. La rémunération évoquée lors de l’audience s’élève à 12 500 FCFA le gramme d’or. Certains prévenus ne maîtrisant pas le français, des interprètes ont dû être sollicités pour faciliter les échanges avec le tribunal.

Selon le compte rendu, l’employeur des trois jeunes hommes ainsi que le propriétaire du site, présenté comme l’acheteur de l’or, n’ont pas été interpellés. Cette situation soulève la question de la responsabilité des acteurs qui organisent et financent l’exploitation clandestine, au-delà des travailleurs directement présents sur les sites.

Au terme de l’audience, des peines de 36 mois d’emprisonnement ferme ont été requises contre les prévenus. Le tribunal doit rendre sa décision le 30 octobre 2026. En attendant le délibéré, cette affaire remet en lumière les enjeux judiciaires, environnementaux et sociaux liés à la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire.

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