Côte d’Ivoire : dans la Nawa, le SAVOD-CI enclenche la bataille de la traçabilité de l’or

Côte d’Ivoire : dans la Nawa, le SAVOD-CI enclenche la bataille de la traçabilité de l’or

Côte d’Ivoire : dans la Nawa, le SAVOD-CI enclenche la bataille de la traçabilité de l’or

Dans la région de la Nawa, le Syndicat des Acheteurs et Vendeurs d’Or et de Diamants de Côte d’Ivoire (SAVOD-CI) accélère la structuration du secteur aurifère local. À travers l’installation de points focaux et l’ouverture de sous-bureaux à Dapéoua et Amanikro, l’organisation entend renforcer la traçabilité des transactions et réduire l’emprise des circuits informels.

Dans les zones aurifères ivoiriennes, la bataille ne se joue plus seulement sous terre. Elle se mène désormais sur un autre front, plus discret mais décisif : celui de la traçabilité, de la régulation et du contrôle des flux.

Dans le département de Buyo, au cœur de la région de la Nawa, le SAVOD-CI vient de franchir une étape stratégique en installant des points focaux dans les localités de Dapéoua et Amanikro. L’initiative s’accompagne de l’ouverture de sous-bureaux dédiés à l’autorisation d’achat et de vente d’or et de diamants, posant les bases d’un encadrement de proximité longtemps absent.

Sur le terrain, la démarche ne relève pas d’un simple déploiement administratif. Conduite par le vice-président du syndicat, Faye Bachirou, sous la supervision du délégué régional Kouassi Kouassi Noël, la mission a mobilisé autorités administratives, services techniques des Mines et de la Géologie, chefferies traditionnelles et acteurs de la filière.

Un signal fort, dans une zone où l’activité aurifère, bien que porteuse de revenus, reste encore largement marquée par l’informalité.

Sortir de l’économie grise

Au cœur de la mission, une séance de sensibilisation a permis de poser clairement les termes du débat. Pour le SAVOD-CI, l’enjeu dépasse la simple organisation du secteur : il s’agit d’opérer une bascule vers un modèle plus structuré, capable de sécuriser les acteurs tout en renforçant la contribution du secteur à l’économie nationale.

« La rencontre de ce jour est bien plus qu’une simple activité de sensibilisation. Elle constitue un acte de responsabilité collective », a insisté Faye Bachirou, relayant la vision portée par le président du syndicat, Brahima Soumahoro.

Le message est sans ambiguïté : l’époque des pratiques approximatives doit céder la place à une logique de conformité.

Dans les faits, le secteur aurifère artisanal en Côte d’Ivoire reste confronté à des défis persistants : circuits d’écoulement non contrôlés, faible traçabilité des transactions, pertes fiscales et exposition accrue aux flux financiers illicites.

Dans ce contexte, la formalisation apparaît moins comme une contrainte que comme un levier stratégique.

Des relais locaux pour changer les pratiques

L’installation des points focaux s’inscrit précisément dans cette logique. Pensés comme des relais de proximité, ces dispositifs auront pour mission d’encadrer les acteurs, de diffuser les bonnes pratiques et de servir d’interface entre le terrain et l’administration.

Acheteurs, vendeurs, collecteurs et exploitants sont ainsi appelés à s’inscrire dans une dynamique plus rigoureuse, intégrant notamment :

« Être dans le formel n’est pas une contrainte, mais une protection, une sécurité et une opportunité de croissance durable », a martelé le vice-président du SAVOD-CI.

Une convergence avec la stratégie de l’État

Du côté de l’administration, le message est en phase. La représentante du Directeur Général des Mines et de la Géologie a salué une initiative « structurante », en cohérence avec la volonté des autorités ivoiriennes de mieux encadrer le secteur minier.

Car au-delà de la régulation, l’enjeu est aussi budgétaire et sécuritaire. La maîtrise des flux aurifères constitue un levier clé pour :

En rappelant les obligations réglementaires, notamment celles liées à la traçabilité et à la collaboration avec la cellule de renseignement financier (CENTIF), l’administration a clairement repositionné le débat sur le terrain de la conformité.

Un test grandeur nature pour la formalisation

Avec l’installation officielle des points focaux à Dapéoua et Amanikro, la région de la Nawa pourrait bien servir de laboratoire pour une transformation plus large du secteur aurifère ivoirien.

Car derrière cette initiative locale se dessine une ambition plus globale : reprendre le contrôle d’un segment économique stratégique, longtemps fragmenté, et en capter davantage de valeur.

Reste désormais un défi de taille : faire évoluer durablement les pratiques sur le terrain.

Dans un secteur où l’informel est profondément ancré, la réussite de cette stratégie dépendra moins des dispositifs installés que de leur appropriation réelle par les acteurs.

Autrement dit, tout commence ici — mais rien n’est encore gagné.

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