Si l’on devait résumer la trajectoire de Clotchor Secongo en un mot, ce serait « transformation ». Transformation des secteurs, certes, mais surtout transformation des destins. Avant d’être le magnat de la FinTech que l’on admire aujourd’hui, cet enfant de Ferkessédougou, passé par la discipline de fer du Petit Séminaire de Katiola, a été le pionnier d’une révolution sociale majeure en Côte d’Ivoire : la professionnalisation des métiers de la sécurité.
En 1998, alors que le secteur des vigiles est souvent synonyme de précarité et de manque de considération, Secongo y injecte de la dignité. Après un passage formateur au Canada, il fonde l’Académie de la Sécurité Professionnelle (ASP). Son impact est massif : plus de 12 000 jeunes Ivoiriens ont été formés dans ses centres, acquérant une qualification réelle là où régnait autrefois l’informel. Son expertise en ingénierie sécuritaire l’a même conduit à concevoir le programme de formation de 5 000 policiers municipaux, renforçant ainsi la sécurité de proximité dans tout le pays. En mars 2005, le prix SAFAM-COM du meilleur promoteur vient couronner ce parcours de bâtisseur d’hommes.

Pourtant, pour ce père de sept enfants, le repos n’est pas à l’ordre du jour. Sa « volonté de puissance » l’a poussé à anticiper la prochaine frontière : le numérique. En passant de la sécurité des biens physiques à la sécurité des flux monétaires avec BMI-WFS, il n’a fait que changer d’outil, gardant la même mission : protéger et bâtir. Aujourd’hui, son influence se décline en algorithmes souverains. En digitalisant les flux financiers des services publics, il ne se contente pas d’innover ; il crée des milliers d’opportunités d’auto-emploi pour une jeunesse connectée qui voit en lui un mentor.
L’élégance de Secongo est celle d’un homme qui sait d’où il vient pour mieux savoir où il va. Qu’il échange avec des chefs d’État ou qu’il retourne sur ses terres Sénoufo, il garde cette posture d’artisan qui « sculpte des idées ». Son héritage ne se comptera pas en logiciels vendus, mais en milliers de familles dont le quotidien a été amélioré par ses plateformes.
En prouvant qu’un juriste de formation peut devenir l’architecte monétique de l’UEMOA, il délivre un message puissant à la jeunesse africaine : le talent n’a pas de frontières, et la tradition n’est jamais un frein, mais un socle.
Clotchor Secongo ne cherche pas à entrer dans l’histoire, il la construit chaque jour, une innovation après l’autre, pour que l’Afrique de demain soit le phare d’une nouvelle humanité.