La découverte d’indices d’hydrocarbures au large de l’Amapá, dans le nord du Brésil, relance un débat particulièrement sensible sur l’exploitation pétrolière de la marge équatoriale. Petrobras a annoncé avoir identifié des hydrocarbures dans le puits exploratoire Morpho, situé à environ 175 kilomètres des côtes, dans le bassin de l’embouchure de l’Amazone. La présence de pétrole doit toutefois encore être confirmée par des analyses complémentaires.
Le groupe pétrolier brésilien considère cette découverte comme une étape importante dans sa stratégie de renouvellement de ses réserves. La production du pré-sel, qui constitue aujourd’hui l’un des principaux piliers de l’industrie pétrolière brésilienne, devrait commencer à décliner au cours de la prochaine décennie. Petrobras estime donc que l’exploration de nouvelles zones pourrait permettre au Brésil de maintenir sa production et son autonomie énergétique.
Mais cette perspective inquiète fortement les défenseurs de l’environnement. La zone concernée se trouve à proximité de territoires amazoniens particulièrement sensibles, où vivent notamment des populations autochtones et des communautés de pêcheurs. Les risques liés à une éventuelle fuite de pétrole alimentent les critiques, malgré les simulations présentées par Petrobras, selon lesquelles un déversement aurait peu de chances d’atteindre les côtes.
Le débat porte également sur la poursuite des forages. Petrobras prévoit d’investir environ 3,3 milliards de réals, soit plus de 500 millions d’euros, pour forer quatre puits dans la région. Après le puits Morpho, trois autres opérations restent cependant soumises à l’autorisation de l’Ibama, l’organisme brésilien chargé du contrôle environnemental.
Pour le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva, l’enjeu dépasse la seule recherche de nouvelles réserves. Le président défend l’idée que le Brésil doit pouvoir exploiter ses ressources naturelles pour garantir sa sécurité énergétique et conserver un poids important sur le marché mondial du pétrole, même à l’heure où le pays affirme vouloir accélérer sa transition écologique.
