Les députés de la commission des affaires économiques et financières (CAEF), ont adopté à l’unanimité, mardi 14 avril 2026, à l’Assemblée nationale à Abidjan, le projet de loi relatif à la règlementation de l’amélioration génétique animale.
A travers l’exposé des motifs, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a expliqué qu’en dépit ”des efforts consentis par l’Etat de Côte d’Ivoire et les partenaires techniques et financiers”, matérialisés par la mise en œuvre de plusieurs politiques, programmes et projets consécutifs pour développer le secteur des ressources animales et halieutiques, celui-ci couvre à peine la moitié des besoins nationaux en matière de protéines animales et halieutiques.
Pour preuve, précise-t-il, la production de la filière-bétail est d’environ 60 000 tonnes de viandes et abats par an, couvrant seulement 60% des besoins. S’agissant du poisson, pour la seule année 2023, la demande a été de 726 258 tonnes tandis que la production nationale est d’environ 110 000 tonnes, soit à peine 15% de la demande intérieure.
Dans un tel contexte, les importations régulières de viandes et abats, de poissons, de lait et produits laitiers ainsi que de produits d’origine animale et halieutique, qui engendrent une déperdition importante de devises dont la valeur est estimée à plus de 400 milliards de FCFA par an, sont nécessaires pour combler ce déficit, qui est dû, entre autres, pour ce qui est du bétail, à la faiblesse, du point de vue génétique, de la productivité du cheptel, notamment au niveau des races locales, précise ce projet de loi.
En outre, ajoute le texte, ”l’amélioration génétique réalisée actuellement en Côte d’Ivoire est le fait de spécialistes venus des pays limitrophes”, qui exercent sans aucun contrôle.
Dans l’optique d’inverser cette tendance et d’assurer l’autosuffisance en protéines animales et halieutiques, l’Etat a adopté en janvier 2022 la « Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026) ». Cette politique vise, entre autres, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des élevages par le développement de modèles de production intensifiée, en utilisant des animaux à fort potentiel génétique adaptés aux conditions locales, et le maintien de la diversité des ressources zoogénétiques des animaux pour l’élevage.
Le présent projet de loi est, selon M. Touré, proposé dans le but de sécuriser et d’organiser l’utilisation du matériel génétique pour l’amélioration des races animales domestiques locales, de même que les acteurs et les investissements qui y seront faits.
